Concertation nationale « Ensemble pour une école inclusive »

 

Dans le cadre de la concertation nationale « Ensemble pour une école inclusive », je me suis rendue vendredi 23 novembre au Ministère des affaires sociales et de la santé pour une réunion de « groupe Parents ». Nous étions une vingtaine de parents, ou plus précisément des « mères » puisqu’un un seul père était présent. Cette remarque sur la parité n’a pas pour but d’en rajouter sur la notion de la charge mentale des femmes, ou de remettre en question le rôle du père au sein de la famille, mais plutôt  de souligner une société qui encourage davantage les mères à réduire ou arrêter leur activité professionnelle. Concilier prise en compte du handicap de son enfant et vie professionnelle reste impossible et souvent c’est sur la femme (qui a un salaire moins élevé) sur qui retombe le choix de diminuer voir même d’arrêter son activité salariée.

 

Le handicap est donc un vrai problème de société.  Il est donc nécessaire dechanger l’école mais aussi la société.

 

Lors de cette rencontre chacun a pu exprimer ses attentes, ses besoins et ses idées. Après un rapide tour de table, le constat est clair : nous avons pratiquement les mêmes problématiques, à quelques détails près comme :

  • L’angoisse des familles dans l’attente d’une décision MDPH, puis d’un recrutement d’une AVS adaptée aux spécificités de l’enfant. Angoisse également due à la fermeture des rectorats pendant les congés d’été pour une rentrée scolaire en septembre
  • Le niveau de scolarisation dans le cadre d’un retard de développement (quelle classe recommandée à un enfant en fonction de son handicap ?)
  • Le manque de formation et de motivation des AVS
  • Le manque d’information des parents
  • La réduction des délais et la simplification des procédures administratives et globalement l’amélioration des relations entre les administratifs chargés des problèmes du handicap et les parents directement concernés par leur enfant handicapé.
  • L’amélioration de l’écoute et la communication avec les parents, leur faire plus confiance
  • Le remboursement des séances en libéral (psychomotricité, ergothérapeute…)
  • etc

 

Chaque membre du comité était heureux d’avoir cette espace de parole, bienveillant et proche de Mme La Ministre. C’est rare. Mais la vraie question est de savoir si la volonté de bien faire sera accompagnée d’un effort financier car, il est évident qu’une politique inclusive suppose des investissements spécifiques. Je parle d’investissement, car sur le long terme, cela coute moins cher de financer l’inclusion plutôt que de rendre des adultes dépendant, tributaires des minima sociaux.

A l’instar des pays voisins ayant une réelle politique inclusive, nous n’y arriverons pas si l’inclusion de l’élève en situation de handicap s’opère dans des classes surchargées, où personne n’est disponible. Si l’inclusion se fait dans des classes à effectifs réduits, tout le monde en tire un bénéfice : l’élève à besoins spécifiques, l’enseignant, et tous les autres élèves. Ce qui est indispensable pour un élève particulier est profitable à tous.

J’ai pris conscience que ça n’allait pas être si simple, car dès qu’un problème était soulevé nous en découvrions d’autres. Par exemple : Harmoniser les MDPH, qui sont sous la tutelle des départements. Cela paraît ambitieux compte tenu de l’organisation administrative de la France. L’état délègue aux régions qui délègue au département. De même lorsque notre enfant a une AVS. Elle est embauchée par l’éducation nationale (l’Etat) sur le temps scolaire. Quid du temps périscolaire et extra scolaire tels que la cantine et le centre de loisirs  Pour ces dernières activités c’est la mairie qui gère. Or, certaines municipalités refusent ou ne peuvent pas prendre en charge l’accueil et le surcoût que cela implique.

La réunion a duré 3 heures mais il y a tellement de choses à dire que nous avons obtenu une réunion supplémentaire sur le thème des besoins des enfants autres que pédagogiques pour que l’école réponde au mieux aux besoins de nos enfants.

Au delà de l’écoute le ministère s’est engagé à fournir des livrables. Ainsi, il faut réfléchir concrètement au parcours type qui répondrait aux besoins des enfants, et comment clarifier les outils pour un parcours plus simple, plus lisible. Si vous avez des idées n’hésitez pas à vous faire entendre.

Pour mettre toutes les chances de notre côté de réussir, donnons nous les moyens et continuons à nous déplacer pour apprendre, former, écouter, construire. Et dans notre combat, il est important de savoir que nous les familles n’avons pas le monopole de la souffrance, même si on est en première ligne. Les prof, les AVS, le personnels des MDPH ont aussi des difficultés…tout un système.

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