Conférence nationale du handicap 2020

Ce qu’il faut retenir de la Conférence Nationale du Handicap du 11 février 2020

Rappel :

La CNH est un rendez-vous prévu tous les trois par la loi du 11 février 2005, sous l’autorité du président de la République « afin de débattre des orientations et des moyens de la politique concernant les personnes handicapées ». C’était donc la 5ème Conférence nationale du handicap qui s’est réunit jour pour jour 15 ans après le vote de la loi de 2005. C’était l’occasion de faire le bilan des actions engagées et des objectifs du gouvernement

La CNH a été ouverte par Sophie Cluzel, Secrétariat d’Etat chargée des personnes handicapées. Claude Chirac a introduit la conférence en hommage à son père, Jacques Chirac, en rappelant pour quelles raisons la loi du 11 février 2005 avait été promulguée et son « combat pour la justice pour l’égalité et pour l’universalité ».

La prise de parole de Jérémie Boroy, Président du Conseil National Consultatif du Handicap a souligné des avancées sans nier le fait que le travail était loin d’être inachevé dans tous les domaines. « La Loi de 2005 doit rester notre phare, notre boussole. Les barrières se lèvent peu à peu » a-t-il souligné, mais nous devons encore amplifier l’action. »

Onze ministres et des intervenants de la société civile sont intervenus soit en table ronde, soit en répondant aux questions de l’assistance. La politique du handicap étant transversale, elle est portée par tous les Ministères (logements, école inclusive, accès à la formation, à l’emploi, aux soins, aux services numériques, aides sociale à l’enfance). Dans la mesure où 80% des femmes subissent le décrochage professionnel et que beaucoup de « maman solo » isolées, démunies, doivent s’occuper des enfants, il aurait été important que la Marlène Schiappa, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations se sente aussi concernée (et mobilisée)

Une « Charte de confiance et grande confiance » a été signé entre l’Etat, les opérateurs et l’Association des départements de France.

Enfin, le président Emmanuel Macron a réaffirmé que le handicap était une priorité du quinquennat et à donner une sérié d’objectifs (très ambitieux) pour les deux prochaines années « parce que nous ne devons pas nous habituer, nous ne devons jamais nous habituer à ce que des enfants en situation de handicap soient privés en effet de la chance d’aller à l’école, de la joie d’apprendre, du bonheur de tisser des liens ».

 

 Premier objectif
Aucun enfant sans solution de scolarisation ne puisse encore exister au mois de septembre prochain

 

Les moyens mis en œuvre :

 Un numéro d’appel dédié, Aide Handicap école, a été mis en place pour répondre à toutes les questions des familles : 0 800 730 123. 0 800 730 123.

Pour rappel ce numéro est accessible de juin à octobre. Eviter les problèmes en dehors de ces créneaux.

 Une formation initiale dédiée au handicap et obligatoire pour tous les futurs enseignants.

 Recruter, former des AESH et stabiliser leurs contrats

En 2017, il y avait 55 000 accompagnants.

Objectifs : 66 000 à la fin de l’année et 11 500 accompagnants supplémentaires d’ici 2022

 

 Forfait diagnostic et intervention précoce des enfants de 0 à 6 ans

Bénéficier des séances de psychologues, d’ergothérapeutes, de psychomotriciens et ouvrir le droit à un accompagnement qui n’était pas gratuit jusqu’alors et à des professionnels qu’on n’arrivait pas à mettre autour de la table ensemble de manière simple.

  • Dès le 1er janvier 2021, ce forfait diagnostic et intervention sera étendu jusqu’à 12 ans.
  • Extension à tous les « Dys » : forfait soit ouvert à la détection de l’ensemble des troubles Dys
  • créer une maison de l’autisme un lieu ressource pour les familles pour permettre aux associations de se retrouver, d’avoir accès aux meilleures pratiques, et la connaissance de toutes ces aides et dispositifs.

Essayer de régler les troubles autistiques et « dys » avant les 12 ans de l’enfant ou gagner au loto car après ça sera à votre charge.

 

 Après 18 ans :

  • Maintien de l’amendement Creton
  • Faire que l’école inclusive ne s’arrête pas au lycée et que l’enseignement supérieur le soit aussi. En 2017, il y avait 24 000 étudiants en situation de handicap. Il y en a 35 000 à ce jour. (En 2 ans de temps, on a augmenté de 50 % le nombre d’étudiants en situation de handicap.)
  • Lancer une une grande réflexion nationale autour de l’intégration et des parcours des personnes en situation de handicap dans l’enseignement supérieur

 

 Deuxime oblectif

 

Aucune personne en situation de handicap, enfants comme adultes, ne soit laissée seule dans sa recherche de solutions.

 

Les moyens mis en œuvre :

 

 Un principe d’accès. Les familles, les personnes doivent savoir tout simplement à qui s’adresser : bénéficier d’un numéro unique dès le 1er janvier prochain, avoir un numéro d’appel national dédié à l’accompagnement et l’accès aux droits de l’ensemble des personnes en situation de handicap, enfants comme adultes. Ce sera le 360. responsabilité, l’unité qu’on se doit collectivement. Ce numéro sera relayé sur le terrain par 400 communautés d’accompagnement. 400 plateformes réunissent l’ensemble des acteurs locaux du handicap pour mieux se coordonner, pour trouver Des solutions.

 Dans certains départements, il faut 8 mois pour obtenir l’Allocation Adulte Handicapé. Dans d’autres, 2 mois suffisent. Ces disparités entre territoires sont inacceptables : au 1er janvier 2021, toutes les demandes d’AAH devront être traitées en moins de 3 mois.

 Physiquement, rendre de « France Services » un lieu d’accueil. Eviter le parcours du combattant où il faut se rendre à la (MDPH, CAF, Pôle emploi, DASEN etc)

 Egalité républicaine. Quel que soit le lieu où vivent les Françaises et les Français en situation de handicap, ils doivent pouvoir bénéficier du même service et des mêmes droits. Et c’est toute l’ambition de l’accord de confiance qui vient d’être signé entre l’Etat, les opérateurs et l’Association des départements de France.

 Créer des structures d’accueil. Actuellement, on a 500 personnes en situation de handicap qui quittent chaque année la France, la plupart du temps pour la Belgique, faute d’un nombre de places suffisant. Faire que d’ici la fin de l’année 2021 il n’y ait plus aucun départ contraint de personnes handicapées vers l’étranger, 1 000 places supplémentaires seront créées d’ici 2 ans en plus des 2 500 déjà prévues, et en plus des 2 500 places dites passerelles qui sont proposées pour les personnes qui sont en situation de quitter une structure fixe, on laisse la possibilité d’avoir un sas de transition et de pouvoir revenir.

 Apporter une réponse très claire pour toutes celles et ceux qui sont à l’étranger, pour leur offrir la possibilité de ramener leurs enfants ou leurs proches sur notre territoire.

 

 Troisième  objectif

Permettre à chacune et chacun de vivre une vie digne, une vie libre.

 

 Ouverture des nouveaux droits pour les personnes en situation de handicap : le droit de se marier, de se pacser, de divorcer.

 Accès à la citoyenneté, grâce à l’ouverture du droit de vote pour 3 000 femmes et hommes qui ont pu voter aux élections européennes. C’est de continuer à progresser sur les éléments concrets de la citoyenneté, l’accessibilité des contenus politiques, gouvernementaux avec là une charte d’engagement et des documents électoraux.

 Droit à une vie sexuelle

 Avoir accès à un emploi, favoriser l’apprentissage, le travail dans les entreprises adaptées.

 L’accessibilité : appel à tous les candidats aux élections municipales pour les engager à penser, dans leur programme, à la commune inclusive sans laquelle il n’y a pas de société inclusive.

 Droit d’être parent : Dès le 1er janvier 2021, l’aide humaine et les aides techniques nécessaires aux parents handicapés d’enfants âgés de 0 à 7 ans sera intégrée à la prestation de compensation du handicap.

Dernier point : les retraites.

 Les travailleurs handicapés seront pris en compte dans le futur système, avec la possibilité de partir plus tôt sans décote.

 Ouverture des droits des congés des proches aidants : reconnaître la part d’activité qui est la leur dans les droits qui sont ouverts.

 Augmenter les droits des parents ayant des enfants handicapés et faciliter pour les personnes en situation de handicap la transition de l’emploi vers la retraite au travers d’un dispositif de retraite progressive,

 

Les annonces vont dans le bon sens, il faut espérer qu’elles seront accompagnées au delà de la bonne volonté, de moyens humains et financiers pour les mettre en oeuvre dans tous les territoires.

 

En fin d’intervention, nous avons pu interpeler très rapidement le Président de la République sur différents points : les effectifs dans les classes à réduire afin que l’inclusion se passe le mieux possible. L’importance du lien social, notamment pour les mères en décrochage professionnel et le diagnostic précoce.

 

En savoir plus :

https://handicap.gouv.fr/le-secretariat-d-etat/acteurs/comite-interministeriel-du-handicap-cih/la-conference-nationale-du-handicap/article/les-propositions-de-la-cnh-le-11-fevrier-2020

 

 

 

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