Les aidants ont du talent !

Les aidants ont du talent ! Quand le parcours de vie impacte le parcours professionnel…

 

J’ai récemment assisté à une web conférence* qui m’a ouvert les yeux, et l’esprit ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis ce qu’on appelle un aidant, une aidante dans mon cas.

 

Mais un aidant, c’est quoi ?

Voici une définition simple :

« Les termes de proche aidant, d’aidant familial ou d’aidant naturel désignent les personnes venant en aide à une personne dépendante et/ou handicapée faisant partie de leur entourage proche ou que la personne a choisie. » En 2019, la France compterait environ onze millions d’aidants familiaux, soit un Français sur cinq. (Source Fondation April)

Mais un aidant, ce n’est pas que ça, et c’est ce que j’ai découvert lors de cette conférence. Un aidant, c’est aussi un manager. En effet, nous gérons des ressources familiales, médicales, financières, environnementales et humaines ! On peut dire sans exagérer que beaucoup d’aidants ont la responsabilité d’une petite unité de travail. A ce titre, ils ont pu développer ou révéler de nombreuses compétences, comme l’aptitude à la polyvalence, à gérer une forte charge émotionnelle, à résoudre des problèmes complexes, ou à trouver des solutions innovantes…

Mais ça, personne ne le sait.

Les proches aidants développent des savoir-faire et des savoir-être à partir de leur expérience. 

Ces capacités sont actuellement loin d’être reconnues. S’il est urgent de changer de regard sur les personnes en situation de handicap, il est tout aussi urgent de changer de regard sur les personnes en situation d’aidance. En particulier dans le monde de l’entreprise.

Pour que ce changement de mentalité s’opère, encore faut-il que les employeurs puissent reconnaître les compétences acquises par les aidants à travers cette expérience de vie imposée. Et naturellement, d’abord chez leurs salariés !

A défaut de pouvoir capitaliser sur nos expériences professionnelles, mises entre parenthèses pendant que nous étions mobilisés par nos missions d’aidants, nous pouvons en revanche capitaliser sur notre vécu personnel. Les situations exigeantes, parfois difficiles que nous vivons nous permettent en effet de développer des capacités originales qui nous font grandir. Ces softkills, comme on les appelle (« compétence douces » au sens littéral, ou plutôt « savoir être »), peuvent, doivent ( !) être transposées et valorisées par les entreprises.

Oui, l’aidant est débordé, mais il est aussi débordant de capacités et de ressources ! Pourtant, beaucoup d’entre nous sont victimes de décrochage professionnel. 88% des foyers ont vu leur activité professionnelle impactée en raison du handicap de l’enfant (81% des femmes) Source, Mission Nationale. Si l’aidant a dû interrompre son activité professionnelle, il lui est souvent difficile de retrouver du travail. Et s’il arrive à se réinsérer professionnellement, très souvent il s’agira de postes axés sur l’aide à la personne.

Or, ces compétences acquises peuvent parfaitement s’adapter à des postes en tout genre. Les entreprises ne sont pas toutes conscientes de cela, il faut les inciter à expérimenter.

Surtout, ce que m’a appris cette conférence, c’est qu’il faut lever les freins qui empêchent une inclusion dans la vie professionnelle.

En commençant par les freins que nous activons nous-mêmes. En effet, la personne en situation d’aidance ne se rend pas toujours compte de ses capacités et a des difficultés à les mettre en valeur. Il est donc déterminant d’aider les aidants à changer leur regard sur eux-mêmes.

Autre frein, qui vient du monde de l’entreprise cette fois : la situation d’aidance génère la plupart du temps des a priori négatifs, car « on » imagine un risque de baisse d’activité et de productivité, d’absentéisme, de retard, d’irritabilité, de nécessité d’adapter son temps de travail…

Mais en réalité, la problématique d’adaptation du temps de travail rejoint la thématique de la qualité de vie au travail. Dès lors, toute entreprise peut s’interroger sur la manière d’accompagner au mieux ses salariés, quelle que soit leur situation. L’articulation entre vie privée et vie professionnelle est une préoccupation majeure actuellement ; il faut intégrer les aidants dans cette réflexion.

Il faudrait aussi changer de discours, éclairer les situations des aidants en évoquant leurs forces.

Je vous recommande à ce sujet cette étude qui a permis d’identifier des compétences spécifiques acquises par les proches aidants. Elle affirme que les aidants, leurs compétences acquises et leur expérience de vie répondent aux nouveaux besoins des recruteurs et des entreprises.

 

Nous avons de la valeur, nous avons des ressources, nous sommes capables, et nous ne sommes pas que des aidants ! Reconnaissez-nous, embauchez-nous !

#EmbaucheTonAidant

#LesAidantsOntDuTalent

 Conférence à voir ici et découvrir les 3 principaux thèmes abordés 

👉 Identifier des compétences spécifiques acquises par les proches aidants, 

👉 Rendre compte qu’elles répondent aux nouveaux besoins des recruteurs et des entreprises,

👉 Développer les premiers référentiels et outils permettant de mieux les comprendre et les valoriser. 

 

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