Réflexion autour de l’inclusion à l’école suite à la réunion du groupe parent

 

Je suis allée le 6 décembre 2018 à la deuxième réunion de travail du groupe parents organisé conjointement par Mme CLuzel et M. Blanquer, dans le cadre de la concertation « Ensemble pour une école inclusive ».  Comme lors de la précédente réunion, nous étions une quinzaine de parents dont certains étaient également représentants d’associations ou collectifs concernant le handicap.

Il faut vraiment que nous les familles, même si nous avons été injustement malmenées depuis trop longtemps, nous parvenions à lâcher prise sur ce qui ne va pas. En effet, on peut débattre pendant des heures à propos de la situation scandaleuse mais nous devons nous concentrer pour réfléchir à ce qui pourrait aller, profiter de l’espace qui nous est offert pour construire quelque chose de concret.  Même si la confiance peut-être rompue, ça reste malgré tout une chance de pouvoir échanger et surtout trouver des solutions effectives pour l’avenir de nos enfants.

Il est vrai que la première cause de discrimination concerne le handicap en France, et cette discrimination commence à l’école. Il y a de quoi être en colère. Comme les lois existent, et sont plutôt en notre faveur, le plus difficile sera de faire évoluer les mentalités, afin de faire respecter la législation. Ainsi je pense que sur chaque document officiel, il faudra en préambule rappeler la législation.

D’ailleurs, lors de cette réunion j’ai appris que la MDPH a pour objectif d’ouvrir des droits et non d’en supprimer. A tord, je pensais qu’elle pouvait arbitrer et avait un droit de regard sur notre situation, comme l’intégration de mon enfant à l’école par exemple. En fait, l’administration avait réussi à me faire croire qu’ à cause de son handicap, la société (la mairie, l’école, la MDPH, etc.) pouvait décider si  elle allait bien vouloir intégrer mon enfant. Or c’est un droit fondamental, pas un service, pas une concession et l’entrée à l’école ne doit en aucun cas faire l’objet de refus. Nos enfants sont des « enfants du territoire » ils ont les même droit que les autres.

Alors ça paraît idiot mais il faut remettre les choses dans leur contexte et garder ça en tête pour toute demande ou inscription administrative : Il y a le droit commun qui est applicable à tous, même aux personnes avec handicap. Afin de permettre leur inclusion au même titre que les autres, il existe donc la MDPH qui est sensée ouvrir des droits spécifiques lorsque la situation l’exige. On passe alors de la notion d’égalité à celle d’équité. Il faut ouvrir des droits spécifiques pour justement permettre à ses personnes de bénéficier d’une aide particulière à cause de son handicap.

Même si cela va de soi, pour ma part et forte de mon expérience fâcheuse en terme d’inclusion, l’administration m’avait fait croire le contraire. La MDPH ayant refusé en nombre l’intégration de milliers d’enfants, dont le mien, j’avoue que je pensais que c’était légal, alors qu’il n ‘en est rien. Et si nous étions procéduriers  comme nos amis Américains, la situation actuelle en France ne serait pas la même. Mais nous sommes révolutionnaires, on ne peut pas être partout.

Ainsi malgré les textes législatifs comme la constitution de 1958 complétée par la loi de 2005, rien n’est en place de manière effective. Et il est très difficile de travailler dans un contexte où tout existe sur le papier, tout est prévu (même les litiges en cas de non respect).

Alors que l’organisation administrative prévoit l’accueil des enfants porteur de handicap des milliers d’enfants sont en attente de scolarisation faute d’accord de la part de la MDPH. Et les parents, qui doivent gérer handicap, fratrie, quotidien particulièrement difficile s’épuisent à essayer de faire appliquer les droits pour leurs enfants.

Il y a donc un vrai travail de pédagogie à faire auprès des familles, mais également auprès des MDPH, Directeurs d’établissement scolaires, Enseignants, Médecins, PMI etc. sur ce qui relève du droit commun et du droit spécifique en vertu de la loi de 2005.

La base du dispositif d’inclusion du handicap n’est pas du tout compris ni intégré donc pas mis en œuvre (ni par les MDPH, ni par les Ecoles, les centres de loisirs etc)

Il a donc été rappelé que toute demande, au titre de la loi de 2005 ; doit émaner des parents uniquement ; et non de l’école comme ce qui est le cas actuellement, notamment avec le GEVASCO.

D’ailleurs, en ce qui concerne les outils, nous avons fait remarquer que les parents étaient perdus face à tous les documents à remplir, PEP, PPS, GEVASCO, ESS… Nous avons rappelé l’inutilité du Gevasco et opté pour sa disparition puisqu’il met à l’écart les avis des équipes soignantes et thérapeutiques et surtout la famille.

Par ailleurs, le fait qu’un établissement scolaire ne soit pas accessible aux personnes handicapées, ne doit pas être un frein pour la scolarisation. Il appartient au maire de prendre toutes les mesures et d’accompagner financièrement l’accès à l’école pour l’enfant à défaut de l’accompagner matériellement.

Pour finir, nous avons échangé sur le parcours administratif notamment pour l’inscription à l’école. Encore une fois, nous avons découvert quelque chose. Cette démarche est mal connue de la part des parents ayant un enfant avec handicap pourtant elle relève du droit commun : il faut inscrire son enfant à l’école de référence dont il dépend, et ce même si le service éducation de la marie fait penser le contraire et même s’il est inscrit ailleurs, dans un établissement spécialisé. Ne serait-ce que par rapport aux chiffres : il est important de savoir combien d’enfants porteurs de handicap ne sont pas scolarisés. On est donc face à un eNorme problème d’information et face au manque d’information, les parents sont susceptibles de passer à côté de quelque chose, prendre de mauvaise décisions et facilement «  laisser tomber » face à la lourdeur administrative.

Nous avons appris en avant première la future mise en place d’un pôle ressources, une sorte de réseau composé de différents acteurs du monde du handicap ayant pour rôle d’accompagner les familles et les professionnels.

Bien que cela soit déjà inscrit dans le droit commun (et rappelé par les lois et circulaires), sans pour autant passer par des sanctions, il a été demandé que le «  projet d’école »  et les règlements intérieurs de chaque établissement, intègrent la démarche d’école inclusive.

Le temps nous a manqué pour balayer les objectifs que nous nous étions fixés. Nous avons donc un travail à faire en amont de la prochaine réunion afin de pouvoir présenter des propositions concrètes aux ministres mi janvier.

Merci à chacun des participants pour leur contribution. L’attente des familles d’autant plus forte, j’espère que le ministère ne nous décevra pas pour la suite. ( et je me permets de déborder un peu du cadre, par ce petit rappel : une bonne inclusion scolaire ne pourra se faire dans des classes surchargées).

 

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1 Comment
  • Allychachoo - Famille en chantier
    Posted at 20:36h, 11 décembre Répondre

    Un grand merci pour ton retour, et je découvre beaucoup de choses dans ce que tu dis. Notamment le rôle de la MDPH, qui décidément me paraît de + en + obscur. Je dois d’ailleurs dire que je doute de l’intérêt de son existence au vu de ce que je vis et ce que je découvre, ouvrir des droits ne pourrait-il pas être géré par les CPAM ? L’idée d’une structure dédiée est intéressante en soi mais dans ma réalité j’ai du mal à saisir l’utilité. En tout cas merci de nous tenir au courant de l’avancée des discussions et de ce que tu apprends, c’est précieux.

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